(LCP) Les consultations se poursuivaient hier sur le projet de loi 5. Rappelons que cette pièce législative habilite le ministre de l’Éducation à prévoir à compter de l’année scolaire 2020-2021 l’organisation, par les commissions scolaires, de services éducatifs de l’éducation préscolaire destinés à des élèves ayant atteint l’âge de 4 ans, et ce, sans égard au milieu économique où ils vivent.

 

La vice-présidente à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l'enseignement est sans équivoque. « La FAE est pour le déploiement et l'implantation dans toutes les écoles en milieu défavorisé du Québec de classes de maternelles 4 ans à temps plein. »

 

Le gouvernement doit donner ainsi la priorité aux milieux défavorisés. « La nécessité d'intervenir dans les milieux défavorisés n'est plus à démontrer puisqu'il existe de nombreux écrits qui témoignent du lien qui unit malheureusement la défavorisation économique et ses conséquences négatives notamment à ce qui a trait au retard de développement en matière de langage et de maturité scolaire d'hyperactivité et de décrochage scolaire », indique Nathalie Morel.

 

« Nous demandons au gouvernement de déployer d'ici 2023-2024 une offre de service de maternelles 4 ans à temps plein dans toutes les écoles de milieux défavorisés du Québec et en ce sens de surseoir à l'adoption du projet de loi 5 », histoire de mettre tout l'argent au même endroit.

 

Plus tard, un point de vue semblable a été défendu par la Fédération des intervenantes en petite enfance, la Fédération des syndicats de l'enseignement, la Centrale des syndicats du Québec qui ont livré une présentation commune. Les syndicats demandent au ministre Roberge de retirer son projet de loi et plutôt de « renforcer les services existants ».

 

Une agence?

André Lebon président de la Commission sur l'éducation à la petite enfance recommande la création d'une Agence de la petite enfance. Il suggère aussi de planifier des services de base sur la base des données populationnelles et des réalités régionales et injecter les ressources là où sont les besoins sur la trajectoire des services. Il plaide pour l'idée d'une « stratégie cooptée et d'une gouvernance tripartite pour rejoindre les enfants qu'on échappe ». En d'autres termes, il faut se demander pourquoi on échappe les enfants qui en ont le plus besoin, dit-il.

 

Il suggère de mettre en place un portail d'accès, un accompagnateur vers le bon niveau de réponse. À cela, doit s'ajouter un budget décloisonné et une évaluation.

 

Par ailleurs, selon André Lebon, « une illustration pragmatique du gaspillage ce serait de dire on ouvre une maternelle 4 ans puis on a fermé un CPE pour la remplir. Ça c'est l'illustration totale d'un échec sociétal : on ne s'est pas parlé on n'a pas fait les bons choix », tranche-t-il.

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