(LCP) On sera bientôt à court de lettres de l'alphabet pour illustrer ce à quoi pourrait ressembler la prochaine reprise économique. « Ce n'est pas le U, ce n'est pas le L, ce n'est pas le W, c'est un K, «K-shaped recovery», d'après le député libéral et ex-prévisionniste, Carlos Leitão. Tout le secret réside dans l'ouverture de la lettre «K» vers la droite. La partie supérieure pointe vers le haut, tandis que la partie inférieure pointe vers le bas.

 

« Parce que le K, vous avez une partie de l'économie qui va vraiment très bien, mais c'est une petite partie, et puis vous avez une très grosse partie de l'économie ou l'autre partie de la lettre K qui, elle, descend encore. Donc, c'est cette dichotomie qui est extrêmement difficile à gérer. Et la partie qui descend encore, c'est une partie où il y a beaucoup de personnes, qui emploie beaucoup de personnes, et souvent des personnes à plus bas revenu qu'il faut absolument soutenir », dit le député de Robert-Baldwin.

 

L'économiste n'est guère optimiste quant à la prochaine année. « Le scénario le plus probable, pour l'évolution économique, c'est que l'année 2021 soit extrêmement lente. Aux États-Unis, on parle maintenant beaucoup de «double dip», donc un retour en récession. Je ne sais pas s'il y aura un «double dip» ou pas, mais, dans tous les cas, 2021 sera une année extrêmement lente, de croissance économique. »

 

Les sources de revenus s'annoncent faibles pour le gouvernement, anticipe-t-il. « Donc, le budget 2021‑2022, qui nous sera annoncé en mars 2021, va être encore dans les déficits, 6, 7, 8 milliards $ au moins. Donc, retour à l'équilibre en cinq ans, il me semble extrêmement hasardeux. Ou alors, s'ils veulent le faire vraiment, bien, ça ne tombe pas du ciel, par le Saint-Esprit. Il va falloir des mesures. Soit des mesures de revenu, nouvelle taxe, soit des mesures de dépense, des coupures. Ça n'arrivera pas tout seul », prévient-il.

 

Il faudra faire une chose à la fois pense l'ex-ministre ministre des Finances. « Moi, je ne vois pas de presse pour arriver à l'équilibre budgétaire en cinq ans. Au moment où on se trouve encore dans une récession qui est profonde et qui risque de s'aggraver en 2021, parler de retour à l'équilibre budgétaire, c'est beaucoup trop tôt. On doit d'abord être capable de stabiliser l'économie, soutenir tout le monde qui a besoin d'être soutenu, et puis, en 2021‑2022, là, on verra sur combien de temps on reviendra à l'équilibre. »

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