(LCP) La vérificatrice générale a déposé un rapport qui explique mieux le bris, il y a près de deux ans, des propulseurs du traversier F.-A.-Gauthier qui effectue la liaison entre la Gaspésie et la Côte-Nord.

 

« Les bris en lien avec ces propulseurs ont occasionné une rupture de services du traversier pendant 13 mois, ce qui a engendré des coûts de 22,2 millions $ en sus du 170 millions $ pour l'acquisition du navire », signale Guylaine Leclerc.

 

D’après elle, la Société des traversiers du Québec ne disposait pas des compétences nécessaires pour mener à bien le projet de construction d’un navire de cette envergure et a échoué à se doter des ressources nécessaires pour remédier à ce manque.

 

« En effet, la structure de gestion du projet s'appuyait sur des ressources externes n'ayant pas les qualifications exigées ou qui n'ont pas pris part à l'ensemble des étapes importantes du chantier. Par exemple, le chargé de projet ne répondait qu'à deux des exigences de l'appel d'offres », soulève-t-elle.

 

« Notre analyse démontre également que l'équipe de la STQ dépêchée en Italie pour surveiller la construction du navire au sein du chantier de l'entreprise Fincantieri était en nombre insuffisant pour suivre la cadence des travaux de construction », poursuit la vérificatrice.

 

Commandé par le Conseil du trésor, ce rapport documente les « échecs » des anciens gouvernements libéraux et péquistes, accuse le ministre des Transports, François Bonnardel.

 

« Je vais prendre l'ensemble des responsabilités qui m'incombent comme ministre des Transports. J'invite mes prédécesseurs à en faire autant, notamment André Fortin du Parti libéral, qui a refusé de faire l'acquisition d'un navire de relève, et Sylvain Gaudreault, du Parti québécois, pour les lacunes dans la surveillance du projet en Italie », commente-t-il.

 

Selon le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, « c'est un véritable gâchis. La VG nous confirme ce dont on se doutait : la Société des traversiers du Québec a commis une suite d'erreurs majeures, dans pratiquement toutes les étapes du processus. En fait, elle ne possédait pas les compétences pour mener à bien un projet d'une telle envergure et, pire, elle n'a même pas cherché à pallier ses lacunes ». Il demande au ministère des Transports d’offrir des excuses aux deux lanceurs d’alerte impliqués dans ce dossier.

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