(LCP) La motion du Parti québécois qui demandait à l’Assemblée nationale de déclarer « l'urgence linguistique » au Québec et demandait au gouvernement de freiner le déclin du français a été battue par la Coalition avenir Québec et le Parti libéral. Elle a cependant reçu l’appui de Québec solidaire.

 

L’irritant majeur qui a empêché son adoption est la demande des péquistes de rediriger les investissements de 750 millions $ destinés au projet d'agrandissant du collège Dawson et de l'Université McGill prévu dans le projet de loi 66 vers des institutions d'enseignement supérieur francophones. L’amendement de la CAQ pour retirer cette demande a été rejeté.

 

Selon son chef parlementaire, Pascal Bérubé, par ces deux projets, le gouvernement accélère l'anglicisation de Montréal. « Le nombre d'étudiants francophones dans les collèges deviendra minoritaire, selon les projections. Si le gouvernement fait ça, je peux-tu vous dire que ses mesures de 5 millions pour l'OQLF qu'ils avaient annoncées dans le budget, ça va être loin de notre esprit. »

 

Exemplarité de l’État

Le ministre responsable de la Langue française a profité du débat au Salon bleu pour réitérer son intention de présenter un plan « costaud » en matière de lgue française. Simon Jolin-Barrette misera notamment sur l’exemplarité de l’État.

 

« Les conséquences sont de plus en plus visibles et le gouvernement se doit de démontrer une exemplarité dans ses pratiques linguistiques. Et je suis persuadé qu'on va avoir la collaboration de l'ensemble des formations politiques, particulièrement celle du Parti libéral, pour s'assurer que l'État québécois soit exemplaire », a-t-il déclaré.

 

Bons projets

Fervente défenseure des projets soulevés dans la motion, la porte-parole libérale pour la protection de la langue française, Hélène David, a tenté de convaincre le PQ que ceux-ci ne visaient pas l’augmentation du nombre d’étudiants.

 

Par ailleurs, l’élue tend la main au ministre pour l’élaboration de son plan. « Je vais lui donner des très bonnes idées au ministre. Et puis je pense qu'il me connaît, je vais le faire de façon la plus constructive possible, la plus rigoureuse et la plus profonde possible. »

 

Montréal

La députée de Mercier, Ruba Ghazal, rejoint le PQ sur l’importance pour Montréal de préserver son statut de métropole francophone.

 

« On reconnaît qu'il y a un relâchement, on en parle dans les médias, mais l'objectif ici n'est pas de mettre au pas Montréal et de la faire rentrer dans les rangs parce qu'elle est fautive. Ce n'est pas comme ça qu'il faut traiter de cette question-là. Ce qu'il faut, c'est de la volonté politique et surtout, surtout de mettre les ressources nécessaires pour changer les choses, parce que les faits sont têtus. »

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