(LCP) L’opposition officielle a profité du débat sur la prise en considération du rapport de l’étude détaillée du projet de loi 53 sur les agents d’évaluation du crédit pour tenter de convaincre le ministre des Finances de décréter la gratuité du gel de sécurité, la mesure phare de son texte de loi.

 

Pour le porte-parole libéral en matière de finances publiques, en faveur du projet de loi, le gros problème c’est que « vous allez devoir payer pour le gel » si vous êtes victime de vol d'identité.

 

« Puis on a demandé au ministre en étude détaillée combien ça pourrait être. Il ne sait pas. Ça pourrait être 10 $, 20 $. J'en doute. Ça va sûrement être plus que ça parce que tous les services d'Equifax sont pas mal plus chers que ça. 10 $, 20 $, 50 $, 100 $, 200 $. On ne sait pas », a soulevé André Fortin.

 

« Il y a des gens qui ne pourront pas utiliser le service parce qu'il ne sera pas gratuit, c'est ça qui va se passer. Il y a des gens qui vont rester à risque », croit-il.

 

La gratuité du service, « c'est juste ça qui manquait, là, on aurait été comme la mer Rouge, on lui aurait fait toute la place pour qu'il puisse marcher allègrement dans la zone des buts. Le ministre a choisi de ne pas faire ce pas-là. Savez-vous ce qu'il a choisi de faire à la place? Il n'a pas échappé le ballon non plus, parce que son projet de loi, il reste bon, il a mis le genou à terre ».

 

On ne doit pas faire payer des victimes, estime le porte-parole solidaire en matière de finances, Vincent Marissal.

 

« Le ministre, là-dessus, tout gentilhomme soit-il, a quand même tenu son bout et il n'a pas plié. Il n'a pas plié, il maintient que ce service doit être payant, nous disant que de toute façon, dans le cas des grandes institutions financières, ce sont les institutions financières qui paieront cette protection, comme Desjardins l'a fait, d'ailleurs, après juin 2019. Comme Desjardins l'a fait, c'est vrai, mais le feront-ils toujours? »

 

Autres services gratuits

Le projet de loi 53 « rend gratuit l'accès à une cote de crédit, à la note explicative et à l'alerte de sécurité », signale le ministre des Finances, Eric Girard.

 

« Il confirme également que l'accès en ligne au dossier de crédit doit être gratuit. Le projet de loi donne également au gouvernement le pouvoir de limiter par règlement la tarification applicable aux services offerts par les agents d'évaluation du crédit. »

 

Il fait remarquer que « tous ces gains pour le consommateur, à l'exception de l'offre du gel, qui nécessite des développements technologiques importants, sont quasi immédiats. En effet, le projet de loi entrera en vigueur le 1er février ».

 

Le rapport de l’étude article par article a été pris en considération à l’unanimité hier, juste avant la fermeture du Salon bleu.

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