(LCP) Ce sont des pages d’amendements que le président du Conseil du trésor a présentées en matinée hier dans le but de rendre son projet de loi 61 acceptable pour les trois partis d’opposition.

 

Christian Dubé voulait convaincre ses collègues d’en adopter le principe avant la pause parlementaire estivale. Cela permettrait au leader parlementaire du gouvernement de convoquer des séances d’étude détaillée la semaine prochaine dans l’espoir d’une adoption finale en septembre.

 

Mais les trois partis d’opposition ont trouvé les modifications insuffisantes et ont refusé d’ouvrir le débat. Le leader adjoint Éric Caire qui avait laissé le Salon bleu ouvert jusqu’à 15h a dû se résigner à ajourner les travaux à 9h40 ce matin.

 

L’opposition a même refusé de consentir à procéder à l’adoption du projet de loi 55 modifiant le Code civil pour notamment rendre imprescriptibles les actions civiles en matière d’agression à caractère sexuel, de violence subie pendant l’enfance et de violence conjugale dont l’étude détaillée de ses six articles achevait en commission parlementaire.

 

« Notre objectif, en déposant rapidement le projet de loi 61, c'était d'être capables de ne pas perdre l'été 2020 puis d'être prêts aussi... que des projets soient prêts aussi pour l'été 2021 puis l'été 2022. Puis, bon, je pense qu'on a montré notre bonne foi », commente le premier ministre.

 

« On a fait beaucoup d'amendements qui allaient dans le sens des trois partis d'opposition. Mais, juste vous dire il y aurait eu ou non une pandémie puis il y aura ou non une pandémie, si le projet de loi, il n'est pas adopté ce printemps, on va revenir avec notre projet de loi à l'automne », promet François Legault.

 

Il précise que s’il n’a pas présenté de bâillon ce n’était pas parce que les règles l’auraient empêché de le faire. « Ce qu'on veut, c'est de travailler avec l'opposition. On est très conscients qu'on leur demande de travailler rapidement, mais on veut le faire pour le bien des Québécois. »

 

Le chef du gouvernement souhaite accélérer les délais de réalisation des projets ce que permettrait le P.L. 61. « Je trouverais ça triste de perdre l'été 2020 puis de ne pas avoir assez de projets de prêts pour l'été 2021 puis l'été 2022, puis je trouverais ça triste aussi que les travailleurs de la construction qui sont en chômage chez eux actuellement parce que des projets du secteur privé ont été annulés, qu'ils ne puissent pas retourner au travail puis travailler sur des infrastructures du secteur public. Donc, j'invite les trois partis de l'opposition à travailler ensemble à relancer l'économie », précise François Legault.

 

Plage horaire vide

« Ce qui est même surprenant, c'est que là, il est 16 h 30, nous, on était prêts à travailler jusqu'à 22 h 30 ce soir, et même plus tard au besoin. Puis là ces gens-là, bien, ils sont retournés chez eux. Pour eux autres, là, la journée est finie. On est en train de parler d'un projet de relance, un projet de relance où il y a des gens qui sont en chômage », s’est plaint le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

 

En autres, il suggère le retrait du litigieux article 50 et propose une modification pour resserrer les règles applicables aux contrats municipaux. Il prévoit la fin de l’état d’urgence au plus tard le 1er octobre et le retour à la Loi sur la santé publique si la situation le requiert. Les délais de transition sont portés de 90 à 60 jours. On ajoute un article sur la reddition de comptes en matière d’environnement et de faune. Quant à l’immunité, il renvoie à la Loi sur la santé publique.

 

Opposition

« Nous avons reçu une batch d'amendements ce matin, nous les avons analysés, nous avons répondu à 11 h 30. Alors, entre 11 h 30 et maintenant, je ne sais pas ce que le gouvernement faisait, là, mais il avait largement le temps de répondre, plutôt que d'attendre les bras croisés dans leurs bureaux que l'opposition plie. Nous avons dit depuis le début que nous ne plierons pas », a assuré le député Vincent Marissal de Québec solidaire.

 

« Ma boîte courriel est toujours prête à recevoir des amendements, et on est là pour faire avancer le projet de loi. Donc, si le gouvernement veut nous envoyer d'autres propositions, on va les analyser, mais, comme on l'a dit au Salon bleu, même les avancées que le président du Conseil du trésor a faites ce matin nous semblent insuffisantes », indique l’élu Martin Ouellet du Parti québécois.

 

Pour l’opposition, le P.L. 61 n’est pas vraiment nécessaire. « Il y a des centaines sinon des milliers d'entreprises, des petites et des moyennes entreprises qui ont besoin d'aide. Ils ont besoin d'aide directe. Le plan d'infrastructures qui est déposé aujourd'hui est discuté avec beaucoup d'énergie par la CAQ. Ce n'est pas ça qui va sauver nos petites et moyennes entreprises. Les petits et moyens entrepreneurs qui nous écoutent, là, nous, on les comprend. On a besoin de les aider directement », tranche Gaétan Barrette du Parti libéral.

 

Le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, pourrait tenter d’appeler le projet de loi à nouveau ce matin, pour une dernière tentative.

-30-