(LCP) « Nous allons annoncer les modifications pour le programme AccèsLogis d'ici la fin juin », précise la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation. « Également, pour la situation d'Airbnb, nous allons annoncer une nouvelle modification au règlement d'ici deux semaines », a ajouté Andrée Laforest.

 

« Il va avoir d'autres actions qui sont envisagées, qui sont travaillées présentement afin de clarifier le règlement pour que les citoyens et les entreprises, pour permettre l'application de la loi sur le règlement par Revenu Québec », dit la ministre qui affirme travailler en collaboration avec la ministre du Tourisme et le ministre des Finances.

 

Elle tentait ainsi de répondre aux inquiétudes manifestées plus tôt par le député Andrés Fontecilla de Québec solidaire qui affirme que selon les indicateurs, le Québec se dirige tout droit vers une pénurie de logements dans les prochaines semaines.

 

« Les groupes communautaires qui tiennent à bout de bras les derniers maillons du filet social et qui sont à bout de souffle, et les personnes surtout qui risquent de se retrouver à la rue, aussi, elles veulent savoir », selon l'élu de Laurier-Dorion qui voulait sonner l'alarme et tirer la manche de sa vis-à-vis.

 

« Dans la grande région de Montréal, par exemple, le taux d'inoccupation est de 1,8 %. Pour les logements familles, c'est encore pire, 0,8 %. Dans un quartier central comme Villeray à Montréal, dans ma circonscription, le taux d'inoccupation général est à 0,7 %. Pour les logements familles, on n'en parle même pas, le taux d'inoccupation est tout près de 0 %. » Pour faire face à la crise annoncée, il a suggéré au gouvernement d'appliquer le plan d'action présenté par Québec solidaire lundi dernier.

 

« À court terme, il faut mettre en place une équipe ministérielle dédiée à la prise en charge de la crise du logement, et une ligne d'urgence pour les locataires qui risquent de se retrouver à la rue », dit-il. « Ordinairement, nous sommes réticents à ce que l'argent des subventions au loyer, les suppléments au loyer, aillent dans les poches des propriétaires privés. Toutefois, dans un contexte de crise comme celui que nous vivons actuellement, nous pensons qu'il s'agit d'une mesure efficace, mais surtout, nécessaire à court terme. »

 

La ministre Laforest pense que son collègue crie au loup. « Nous sommes loin de la pénurie du début des années 2000 », dit-elle statistiques à l'appui. « C'est dommage de présenter les choses sous cet angle et d'apeurer la population, il faut faire attention, et il ne faut surtout pas contribuer à semer une panique, alors qu'on travaille à pied d'oeuvre et de manière constructive pour être plus efficaces pour le logement au Québec », soutient-elle.

 

Québec a aussi son plan à court et à moyen terme. « La ligne téléphonique exigée par le député existe déjà dans la très grande majorité des offices, dont celle de Montréal et celle de l'Outaouais. Cette ligne est gérée par les responsables des offices, étant donné leur fine connaissance du milieu », assure la ministre.

 

De son côté, la députée Paule Robitaille du Parti libéral a dénoncé la plateforme Airbnb comme grande responsable des problèmes de locataires. « La grande majorité des hôtes Airbnb ne le font pas pour arrondir leurs fins de mois, mais au contraire pour maximiser leurs profits. » C'est 69 % de l'offre Airbnb à Montréal qui « est constituée de logements entiers loués une grande partie de l'année. De plus, la proportion de superlocateurs augmente constamment. Contrairement à l'image qu'elle veut se donner d'elle-même, Airbnb est une véritable business, mais une business aux conséquences désastreuses », dénonce-t-elle. La députée a aussi plaidé en faveur de la reconduction du programme RénoVert.

 

Le député Harold LeBel a défendu le programme AccèsLogis. « Les services de santé ont diminué, les services de proximité. Les aînés partent de leur village. Il y a des villages qui sont en dévitalisation extrême. On a besoin qu'un programme AccèsLogis permette à des aînés de pouvoir continuer à vivre dans leur communauté, pas s'expatrier en ville et souvent s'isoler et mourir d'ennui carrément. »

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