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L'Actualité gouvernementale Le jeudi 24 mai 2018

Agences de placement

«On est en train de comprendre que le modèle change»

Les employeurs font beaucoup plus affaire avec des agences de placement et pas pour les mêmes raisons qu'auparavant, note la ministre responsable du Travail. «Ce qui était temporaire : une entreprise qui fait appel à une agence de placement pour des congés annuels, quelqu'un est malade, il faut le remplacer au pied levé et dans le temps, c'est très, très, très déterminé. On est en train de comprendre que le modèle change, qu'on est peut-être en train d'engager du monde par des agences de façon plus permanente», a constaté Dominique Vien à l'occasion des consultations en commission parlementaire sur le projet de loi 176 modifiant la Loi sur les normes du travail et d’autres dispositions législatives afin principalement de faciliter la conciliation famille-travail.

 

«C'est bel et bien la réalité», selon le président pour le chapitre du Québec de l'Association nationale des entreprises en recrutement et placement de personnel. «Le marché du travail a changé. Le marché du travail tel qu'on le connaissait, il y a quelques années où mon père est demeuré pendant 35 ans à travailler de 9 à 5 pour le même employeur, c'est plus ça nécessairement. Il y a beaucoup de conciliation travail-famille», déclare Marc-André Robert.

 

«Traditionnellement le rapport bi-parties employeur-employé tel qu'on le connaissait depuis les 40 dernières années: c'est plus ce qu'on voit maintenant. Je ne vous dis pas que ça n'existe plus, mais ce n'est plus nécessairement la norme. Ce qu'on appelait avant le travail atypique parce que c'était en marge, ce n'est plus ça. Le travail atypique devient de plus en plus la notion de travail typique où les entreprises vont faire affaire avec des agences.»

 

Marc-André Robert attribue cette situation à une pénurie de main-d'oeuvre et à la spécialisation des entreprises. Quand on est spécialisé à fabriquer des boîtes de carton on n'est pas forcément aussi à l'aise pour gérer du personnel comme le font les agences de placement. Ce sont elles qui «embauchent qui forment, qui suivent, qui disciplinent», qui s'assurent que le milieu de travail est sécuritaire. «Je vous dirais qu'en Europe c'est la norme, et de plus en plus aux États-Unis et au Canada, c'est un modèle qui est de plus en plus populaire».

 

Le patron

Qui devient le patron : l'employeur ou l'agence de placement? «Le véritable employeur c'est la personne qui va avoir un lien de subordination. C'est pas juste de payer l'employé, c'est la personne qui va l'embaucher le discipliner le former maintenir un lien avec cette personne» et souvent c'est l'agence.

 

Selon la directrice générale de l'association des agences, Mary McInnich : «en ce qui concerne les assignations temporaires, l'agence est bien reconnue comme étant l'employeur. On travaille étroitement avec le ministre Flynn en Ontario où l'on a codifié la notion d'employeur pour les agences de placement et aussi en Alberta. Mais je devrais aussi mentionner que les clients ont toujours la liberté d'engager les employés sur une base permanente. Des études de l'Institut économique de Montréal et aux États-Unis ont démontré que 65 % des assignations temporaires vont être des emplois permanents chez les clients», soumet Mme McInnich.

 

«Un rôle crucial»

Rappelons que lors de son passage en commission parlementaire, Martine Hébert, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a eu de bons mots pour les agences de placement reconnues.

 

«Ernst & Young évalue que près d'un travailleur américain sur cinq sera un travailleur temporaire d'ici 2020, cela représente l'équivalent de 31 millions de travailleurs.» À la FCEI, on affirme que «les agences de placement de personnel remplissent un rôle crucial en matière de gestion des ressources humaines auprès de leurs clients. Ce faisant, au bénéfice de leur client, les agences abordent des coûts reliés à cette gestion et à la paperasserie administrative qui en découle. Cela est d'une aide précieuse, particulièrement dans les PME.»

 

Aussi, la FCEI demande le retrait de l'article 5 du P.L. 176 car il apparait comme une «répudiation du modèle d'affaires de nombreuses agences de placement du Québec ainsi qu'une hausse potentielle de coûts importante pour les PME clientes».

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