(R.I.) Face à la montée de l'itinérance et aux défis persistants en santé mentale et en dépendance, il faut agir plus tôt et se donner les moyens de soutenir les gens qui en ont vraiment besoin. C'est pourquoi la première ministre du Québec, Christine Fréchette, annonce aujourd'hui un investissement de 28 millions $ visant à contrer l'itinérance en Outaouais, dans la Capitale-Nationale et dans la région de Montréal. Cette nouvelle enveloppe permettra d'agir sur des leviers pour contrer l'itinérance : l'accès au logement, la santé mentale, les dépendances, la prévention et l'accompagnement.

 

Pour l'occasion, la première ministre était accompagnée du ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre l'itinérance, Lionel Carmant, de la ministre responsable de l'Habitation, Karine Boivin Roy, ainsi que du maire de Québec et président du comité sur l'itinérance de l'Union des municipalités du Québec, Bruno Marchand.

 

Des logements adaptés et un meilleur accompagnement

Plus de 20 % des personnes en situation d'itinérance au Québec ont indiqué que l'expulsion de leur logement avait mené à leur situation, ce qui en fait le principal point de bascule vers la rue. Afin de les soutenir, le gouvernement annonce un investissement de 21 millions de dollars sur trois ans afin de financer un projet-pilote de 1000 unités de logement dans le cadre du Programme de supplément au loyer en prévention (PSLP). Cette somme inclut 3 M$ pour offrir du soutien et de l'accompagnement aux personnes qui en ont besoin.

 

Le principe du PSLP est simple : lorsqu'un ménage est à risque imminent de perdre son logement, son logement actuel est converti en logement subventionné, ce qui lui évite un déménagement. Une personne peut donc demeurer chez elle en ne consacrant que 25 % de son revenu au loyer. Un accompagnement est également offert afin de favoriser la stabilité en logement avant qu'une expulsion ne survienne.

 

Agir auprès des personnes vivant avec une dépendance

Afin de mieux accompagner les personnes en situation d'itinérance qui vivent avec des troubles mentaux graves ou un trouble de dépendance, le gouvernement déploiera plus de moyens dans les régions de Montréal, Québec et l'Outaouais afin de bonifier la trajectoire en dépendance pour les personnes en situation d'itinérance et le Programme de réaffiliation en itinérance, santé mentale et dépendance (PRISMD). Il sera adapté pour répondre également aux besoins des personnes qui vivent avec des dépendances. Cet investissement supplémentaire de 7 M$ permettra de les rejoindre dans les milieux qu'ils fréquentent, comme les services de consommation supervisée et les hébergements d'urgence et de transition.

 

Le programme vise à garantir un lit en ressource d'hébergement ou de transition à une personne en situation d'itinérance ayant des enjeux de santé mentale ou de dépendance qui souhaite stabiliser son état avant d'intégrer un logement, en lui offrant des soins adaptés et continus pendant une période de 8 à 12 semaines. Par la suite, l'équipe l'accompagne vers un logement et des services adaptés.

 

Citations :

« Pour freiner l'itinérance, il faut intervenir plus tôt et autrement, et notre nouveau gouvernement doit utiliser tous les leviers à sa disposition. Avec l'annonce d'aujourd'hui, on agit sur tous les fronts : de la prévention à la réinsertion. On agit directement sur le terrain auprès des personnes qui en ont le plus besoin. Si on veut que notre nation prenne son avenir en main, on doit permettre à plus de Québécois en situation d'itinérance de prendre leur avenir en main. C'est une question de responsabilité collective. »

 

Christine Fréchette, première ministre du Québec

 

« On ne viendra pas à bout de l'itinérance uniquement en réagissant au phénomène. Il faut intervenir le plus tôt possible. Avec l'adaptation de ces deux programmes aux réalités actuelles vécues par les personnes les plus vulnérables, on renforce notre capacité à répondre de manière structurée et intégrée à leurs besoins, afin de les accompagner vers une stabilisation de leur situation et un retour durable en logement. C'est en unissant nos forces, avec tous nos partenaires ainsi que nos villes, qu'on peut réellement changer des trajectoires de vie partout au Québec et renverser la tendance. »

 

Lionel Carmant, ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre l'itinérance

 

« Le premier rempart contre l'itinérance, c'est d'avoir un logement. Avec le Programme de supplément au loyer en prévention, on agit au bon moment pour soutenir des personnes à risque d'itinérance, leur permettre de demeurer dans leur logement et éviter une rupture qui peut entraîner des conséquences néfastes. En misant sur la stabilité résidentielle et des interventions rapides, on pose des gestes clairs pour protéger les personnes les plus vulnérables et renforcer le tissu social dans toutes les régions du Québec. »

 

Karine Boivin Roy, ministre responsable de l'Habitation

 

« Il faut agir sur plusieurs fronts pour réduire l'itinérance. Ce que le gouvernement annonce aujourd'hui est un pas dans la bonne direction, en particulier pour le logement accompagné. La première ministre s'est engagée à en faire plus pour prévenir l'itinérance et je me réjouis qu'on passe déjà à l'action. Il faut que ça continue. »

 

Bruno Marchand, maire de Québec et président du comité sur l'itinérance de l'Union des municipalités du Québec

 

Faits saillants :

 

•Les approches financées reposent sur des modèles éprouvés sur le terrain, appelés à être étendus à l'échelle du Québec.

 

•Les données du dénombrement des personnes en situation d'itinérance visible au Québec, effectué en 2022, révèlent que l'expulsion est nommée par les personnes répondantes comme la principale raison de la perte de leur dernier logement. Dans 53 % des cas, la raison nommée est le non-paiement du loyer.

 

•Une personne aînée qui perdrait son conjoint et n'aurait plus les moyens de payer son loyer pourrait être admissible au Programme de supplément au loyer en prévention et demeurer dans son logement en ne payant que l'équivalent de 25 % de ses revenus. On stabilise sa situation, on évite une expulsion, on prévient l'itinérance.

 

•Le programme PRISMD peut être modulé selon les réalités régionales et mis en place progressivement à l'échelle du Québec, en commençant par les milieux où les besoins sont les plus pressants et où les partenaires sont prêts, soit Montréal, Gatineau et Québec.

-/-/-/-/-/-

 

(R.I.) : communiqué que nous avons repris intégralement.