(R.I.) Dans le cadre des consultations prébudgétaires 2026-2027 du ministère des Finances du Québec, le Collectif petite enfance dépose un mémoire recommandant une bonification ciblée de l’Allocation famille, afin d’améliorer les conditions de vie des tout-petits et de lutter contre la pauvreté infantile.
Cette démarche survient alors que la pauvreté infantile est de nouveau en hausse dans la province, que près d’un parent sur quatre (25 %) au Québec affirme ne pas avoir les moyens de couvrir les besoins de base de sa famille, et que 28,8 % des ménages avec enfants de 0 à 5 ans vivent en situation d’insécurité alimentaire.
Selon les projections présentées dans le mémoire, plus de 111 000 enfants de moins de 6 ans pourraient vivre en 2026 dans des familles dont le revenu se situe sous le seuil du revenu viable. Une bonification de l’Allocation famille permettrait de réduire de 36 % le nombre de jeunes enfants vivant sous le seuil de la mesure du panier de consommation.
Une mesure concrète pour soutenir les familles à revenu modeste
La proposition du Collectif prévoit notamment un rehaussement du montant de base de l’Allocation famille, l’ajout d’un supplément de 2 000 $ par enfant, pour les enfants de moins de 6 ans, ainsi qu’un ajustement des paramètres afin de mieux soutenir les familles à revenu modeste, particulièrement les familles monoparentales et nombreuses.
Selon la modélisation réalisée à partir de l’outil de simulation de politiques sociales de Statistique Canada, environ 563 600 familles québécoises bénéficieraient d’un montant bonifié, dont 276 900 familles ayant au moins un enfant de moins de 6 ans. Chez ces familles, le gain moyen atteindrait 4 456 $ par année, un montant comparable au coût annuel d’un panier alimentaire nutritif pour deux jeunes enfants.
Le coût estimé de la mesure s’élève à 1,3 milliard de dollars en 2026, soit moins de 1 % du budget du Québec. À titre comparatif, la plus récente baisse d’impôt annoncée par le gouvernement représente un manque à gagner annuel estimé à 1,8 milliard de dollars.
Investir tôt pour briser le cycle de la pauvreté
Le mémoire rappelle que la petite enfance constitue une période déterminante pour le développement du cerveau, la réussite scolaire et la trajectoire de vie. Les enfants issus de ménages à faible revenu sont plus susceptibles de présenter des vulnérabilités dès l’entrée à l’école, notamment en langage, en cognition et en développement socio-émotionnel.
«En renforçant dès maintenant l’Allocation famille, le gouvernement peut faire le choix de réduire la pauvreté infantile, de soutenir les parents et de donner à chaque tout-petit les meilleures chances d’atteindre leur plein potentiel. Ce puissant levier, c’est l’un des investissements les plus rentables que le Québec puisse faire», affirme Elise Bonneville, directrice du Collectif petite enfance.
Cette mesure représente un choix de société : pour moins de 1 % du budget du Québec, il est possible d’améliorer concrètement les conditions de vie de dizaines de milliers de familles et de briser le cycle de la pauvreté dès la petite enfance.
Un appel à faire de la petite enfance une priorité budgétaire
Par le dépôt de ce mémoire dans le cadre des consultations prébudgétaires, le Collectif petite enfance invite le gouvernement à faire de la petite enfance une priorité budgétaire, en misant sur des interventions préventives qui génèrent des retombées durables en matière de santé, de réussite éducative et de participation sociale
À propos du Collectif petite enfance
Le Collectif petite enfance regroupe 23 organisations partenaires œuvrant auprès des tout-petits et de leurs familles. Il agit comme porte-voix des enfants de 0 à 5 ans au Québec et vise la mise en place des conditions de succès assurant leur développement, leur bien-être et leur avenir, du début de la grossesse jusqu’à l’âge de 5 ans.
www.collectifpetiteenfance.com
-/-/-/-/-/-
(R.I.) : communiqué que nous avons repris intégralement.


