(R.I) Représentant 366 000 usagers, incluant les soins à domicile, 2 000 installations, quelque 87 000 employés, et 62 % des services offerts aux personnes aînées, la nouvelle Alliance québécoise des milieux de vie pour aînés (AQMVA) vise à unir les expertises du milieu pour améliorer l’offre de soins et d’hébergement tout en étant la voix des acteurs du milieu des soins aux aînés.
Nous voulons assurer leur bien-être et leur dignité de même que celle des personnes en perte d’autonomie. L'Alliance souhaite trouver des solutions durables en collaboration avec le gouvernement.
Les milieux de vie pour aînés en crise
Face aux défis démographiques, « nous sommes plongés dans une crise des services aux aînés », déplore Carl Veilleux, président du c.a. de l’Association des ressources intermédiaires d'hébergement du Québec (ARIHQ) et porte-parole de l’Alliance, qui appelle à poser un « regard lucide sur la situation ».
Avec 57 887 aînés en attente de services de soutien à domicile, plus de 5 500 qui ont besoin d’une place en ressources intermédiaires (RI) et 3 476 d’un hébergement en CHSLD, le système actuel ne répond pas adéquatement aux demandes ce qui exerce une pression sur l’ensemble du continuum d’hébergement.
Ce qui s’en vient
Comme l’indique le rapport d’AVISEO* (Voir le document), commandé par l’AQMVA, quelque 111 000 aînés de plus auront besoin de soutien à l’autonomie d’ici 2035. Une pression qui ne fera que s’accentuer. Pourtant, il n’y a actuellement pas de réel plan pour y faire face, déplore Carl Veilleux.
Au regard des spécificités démographiques et du baby-boom, la crise était pourtant prévisible. Il aurait fallu « s’attaquer au problème avant, quand on avait le luxe du temps. Notre milieu est déjà en crise », fait valoir de son côté Annick Lavoie, directrice générale de l’Association des établissements privés conventionnés (AEPC).
On traite ce qui saigne
La crise est grave, on fait déjà face à des dépassements de services. Faute de places en RI, des RPA accueillent des aînés dont les besoins excèdent leur capacité, tandis que certaines RI hébergent des usagers qui devraient relever des CHSLD.
En plus de l’épuisement des acteurs du milieu, la situation accentue le manque de ressources et compromet l’accès à des services adaptés. Cela entraîne des transferts évitables vers les milieux hospitaliers, à un coût social élevé.
Paul Arbec, administrateur de l’Association des établissements de longue durée privés du Québec (AELDPQ), se dit, lui aussi, très préoccupé par la situation. En 40 ans, il n’a jamais été témoin d’un tel manque de prévisibilité quant à la création de places d’hébergement.
En tant que partenaires, les membres de l’Alliance doivent faire partie de la solution et, à ce titre, être informés des plans du gouvernement, car ils ont un impact sur tout l’écosystème.
La prévisibilité est cruciale pour éviter une crise sociale d’hébergement, mais présentement, « on traite ce qui saigne », indique Paul Arbec. Pour ce dernier, sans actions concrètes, des enjeux majeurs, comme l’augmentation de l’itinérance chez les aînés et l’incapacité pour les proches aidants à maintenir un emploi se profilent à l’horizon.
Une partie prenante de la solution
La situation est urgente, il faut agir ensemble dès maintenant, soulève Marc Fortin, président-directeur général du Regroupement québécois des résidences privées pour aînés (RQRA).
« L’inaction d’hier et d’aujourd’hui a un prix que nous ne pourrons pas nous permettre de payer demain ». Dans un contexte où « les besoins sont à la fois croissants et urgents, il nous faut des réponses si on veut assurer le bien-être, la santé, la sécurité et la dignité des aînés, mais aussi pérenniser les entreprises et les organisations qui en prennent soin ».
Citant le 2e volet de l’étude d’AVISEO portant sur le coût de l’inaction, Carl Veilleux indique qu’un véritable partenariat avec les membres de l’AQMVA, combiné à des investissements pour relancer le développement des services aux aînés, permettraient au gouvernement d’éviter des dépenses évaluées entre 17 et 24 G$ sur 10 ans.
Les membres de l’AQMVA sont prêts à travailler avec le gouvernement pour améliorer les services et le faire de façon plus efficiente. Mais il faut cesser de travailler en silos, chacun de son côté. Ça prend un meilleur arrimage des actions entre les différents partenaires.
Rappelons que l’idée derrière l’AQMVA est justement de renforcer la collaboration et l’arrimage, de définir un plan de travail commun sur les enjeux partagés et d'utiliser l’expertise de chacun de ses membres.
Pour Carl Veilleux. « On a l’expertise terrain et on peut déployer des services rapidement, mais c’est le gouvernement qui a les mains sur le gouvernail. Les défis sont immenses, mais les solutions existent. Nous tendons la main au MSSS et à Santé Québec pour faire équipe. Le temps presse! »
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*cabinet privé –stratégie + économie (Site d’AVISEO)
(R.I.) Reprise intégrale d'un communiqué- Message au gouvernement

